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Épistémologie de la domination : les séminaires du CRICIS

L’axe 4 du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS), Épistémologies critiques en culture et communication, présente ce vendredi 23 novembre le séminaire « Épistémologie de la domination ».

Consultez le calendrier d’activités du CRICIS à http://www.cricis.uqam.ca/calendrier/.

 

Vendredi 23 novembre 2018
9 h 30 à 12 h 30
Pavillon Judith-Jasmin, local J-2625
Les interventions seront suivies par une discussion animée par Julien Hocine, étudiant au doctorat en communication (UQAM).
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Les conférences

Kasereka Kavwahirehi : Quand l’épistémologie de la domination prend des habits neufs

Lancés par des africanistes français au cours des années 1990, les concepts ou notions de « désordre », « retraditionalisation » et « politique du ventre » ont eu une fortune enviable. Des chercheurs africains (et même des gens ordinaires) bien au courant du projet de décolonisation des savoirs sur l’Afrique s’en sont servis et s’en servent encore comme outils pour comprendre ce qui se passe dans diverses sphères de la vie sociale et politique en Afrique. Ces concepts sont-ils pour autant exempts des relents coloniaux? Ne reconduisent ils pas ce que Mudimbe, dans The Invention of Africa, a appelé « Discourse of Power » qui invente l’objet dont il prétend parler? Ne peut-on pas dire que, loin de s’évanouir sous l’effet des coups reçus depuis les années 1970, la raison coloniale prend des habits neufs qui la fond passer pour une raison nouvelle? Voilà autant des questions auxquelles nous essayerons de répondre en partant de l’analyse de L’Afrique est partie, du désordre comme instrument politique de Patrick Chabal et Jean-Pascal Daloz dont nous essayerons de révéler l’impensé le rattachant à l’épistémologie de la domination.

Suggestion de lecture : Mudimbe, V. Y. (1988). Discourse of Power and Knowledge of Otherness. Dans The invention of Africa. Gnosis, Philosophy, and the Order of Knowledge (p. 13-36). Bloomington/Indianapolis, IN : Indiana University Press.

Notice biographique

Kasereka Kavawahirehi est professeur agrégé au Département de français de l’Université d’Ottawa et Fellow au Wissenschaftskolleg zu Berlin (2018-2019). Parmi ses publications : V.Y. Mudimbe et la réinvention de l’Afrique. Poétique et politique de la décolonisation des sciences humaines (2006), Le prix de l’impasse. Christianisme africain et imaginaires politiques (2013) et Y’en a marre! Philosophie et espoir social en Afrique (2018).

 

Elsa Dorlin : Épistémologie de la domination, phénoménologie des résistances

Résumé à venir. Consultez le site du CRICIS.

Suggestions de lectures :

Dorlin, E. (2015). Le cœur de la révolte. Tous les jeunes de banlieues sont des hommes toutes les femmes sont… amoureuses. Mouvements3(83), 35-41.

Dorlin, E. (2006). Les espaces-temps des résistances esclaves : des suicidés de Saint-Jean aux marrons de Nanny Town. (XVIIe-XVIIIe siècles)Tumultes2(27), 37-51.

Dorlin, E. (2005). De l’usage épistémologique et politique des catégories de « sexe » et de « race » dans les études sur le genre, Cahiers du Genre, 2(39), 83-105.

Notice biographique

Elsa Dorlin est professeur de philosophie sociale et politique à l’Université Paris 8 Saint-Denis et Abigail R. Cohen Fellow (2018-2019) au Columbia Institute for Ideas and Imagination (Paris). Spécialiste de l’histoire des rapports de domination, elle s’intéresse tout particulièrement aux multiples modalités de résistance à travers une réflexion sur les corps, les subjectivités et la violence. Parmi ses ouvrages, on trouve : La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française (2006, La Découverte), Sexe, genre et sexualités (2008, Presses universitaires de France) et Se défendre. Une philosophie de la violence (2007, Zones).

Événements