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Épistémologies critiques en culture et communication : les séminaires du CRICIS

L’axe 4 du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS), Épistémologies critiques en culture et communication, entamera son cycle annuel de séminaires le vendredi 28 septembre prochain avec une séance intitulée « Critique et sciences sociales ».

Consultez le calendrier d’activités du CRICIS à http://www.cricis.uqam.ca/calendrier/.

Le CRICIS a pour principale mission d’analyser les rapports entre communication, information, culture et société à partir de la mobilisation de perspectives critiques, et ce, tant au Québec et au Canada, qu’à l’international. Comprenant quatre axes, Mutations de la culture et des médiasBig Data et surveillanceCommunication, médias et démocratie et Épistémologies critiques de la culture et de la communication, le CRICIS organise divers événements, dont ce séminaire mensuel qui porte sur les relations entre études consacrées à la communication et à la culture et perspectives critiques. Le séminaire est ouvert à l’ensemble des membres de la communauté scientifique.

Vendredi 28 septembre 2018
9 h 30 à 12 h 30
Pavillon J.-A.-Desève (DS), local DS-R510

 

Les conférences

Éric George : Quelle est la « nature » des études en communication? Interrogations d’ordre disciplinaire, interdisciplinaire, voire transdisciplinaire…

 

  • La communication a pris une place croissante à de nombreux titres aussi bien dans nos vies quotidiennes qu’à une échelle beaucoup plus vaste depuis au moins une cinquantaine d’années. Elle s’est aussi largement développée au sein des universités comme discipline reconnue institutionnellement. Mais que peut-on dire actuellement de la « nature » des études en communication? Peut-on parler de discipline non seulement d’un point de vue institutionnel mais également d’un point de vue épistémologique? Que nous enseignent à ce sujet les développements des cinquante dernières années? Et, finalement, dans un autre ordre d’idées, est-il même souhaitable de lutter en faveur du renforcement d’une discipline des études en communication en tant que telle? Telles sont les questions que nous animerons dans le cadre de cette présentation.

 

Notice biographique
Éric George est professeur titulaire à l’École des médias (Faculté de communication) de l’UQAM et directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS). Il est aussi membre du Collège des nouveaux chercheurs et créateurs en Arts et Sciences de la Société royale du Canada et coéditeur de la revue tic&société.

Références bibliographiques
Conférence permanente des directeurs·rices des unités de recherche en sciences de l’information et de la communication CPDirSIC (France), 2018, Dynamiques des recherches en sciences de l’information et de la communication.
Fabiani, J.-L. (2006). À quoi sert la notion de discipline?. Boutier J., Passeron, J.-C. et Revel, J. (dir.), Qu’est-ce qu’une discipline? (p. 11-34). Paris, France : Éditions de l’EHESS.
Kane, O. (2010). Institution et légitimation d’une quasi-discipline : le triple destin (sciences, études et champ) de la communication. Communiquer. Revue internationale de communication sociale et publique, 16(2), 87-102.
Perret, J.-B. (2004). Y-a-t-il des objets plus communicationnels que d’autres?. Hermès, (38), 121-128.
Shepherd, G. J. (1993). Building a Discipline of Communication. Journal of Communication, 43(3), 83-91.

 

Ndiage Loum : L’interdisciplinarité ou plaidoyer pour une « indiscipline » dans les sciences sociales

 

  • Les recherches récentes portant successivement sur la solidarité numérique et les rapports de pouvoir entre champ médiatique et champ politique nous ont permis d’approfondir les fondamentaux d’une approche interdisciplinaire dans les sciences sociales. Les grands enjeux développés dans cesdites recherches recoupent plusieurs sous-thématiques auxquelles s’appliquent les sciences sociales et qui sont aujourd’hui autant de défis pour les chercheurs qui ne peuvent les aborder sans recourir nécessairement à des théories, des concepts ou des méthodes empruntés à plusieurs disciplines (donc à l’interdisciplinarité) et qui reposent davantage la question de la persistance et alors de la pertinence des découpages académiques et disciplinaires actuellement en vigueur dans nos universités. La critique peut aller loin si la « porte » de l’interdisciplinarité comme posture épistémique systématique ouvre les voies d’une remise en cause des modes de fonctionnement habituels des institutions universitaires. Mais à l’arrivée, elle n’aura rien d’original si elle emprunte beaucoup aux perspectives singulières critiques ouvertes, par exemple par la théorie générale des champs de Pierre Bourdieu ou par la quasi-révolution épistémologique dans les sciences à laquelle invitait Immanuel Wallerstein dans Impenser la science sociale.

 

Notice biographique
Ndiaga Loum est juriste, politologue, professeur au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Membre régulier du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS). Titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie, co-fondateur et directeur du laboratoire PéRICOM, ses intérêts de recherche marqués par l’approche interdisciplinaire portent principalement sur la communication et le développement international, la régulation juridique, éthique et politique des communications. En dehors de ses activités universitaires, il est aussi expert en droit international humanitaire.

Références bibliographiques
Loum, N. (2017). Questions épistémologiques à propos d’une « interdiscipline ». La communication internationale dans l’univers global des sciences sociales. Revue Communication, technologie et développement, (4), 132-150.
Loum, N. (2014). Paradigme de l’interdisciplinarité, communication et développement international. Revue française des sciences de l’information et de la communication, 4.
Wallerstein, I. (1995). Impenser la science sociale. Pour sortir du XIXe siècle. Pratiques théoriques (surtout la partie « Questions de paradigmes: un appel à débat », p. 269-289).

 

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