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Séminaire du CRICIS. Qu’entendons-nous par « critique »?

L’Axe 4 du Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information et la société (CRICIS), Épistémologies critiques de la culture et de la communication, s’interrogera, dans un second séminaire sur ce sujet, sur le sens du terme critique dans le cadre des travaux de ses membres. Une première discussion a eu lieu le 22 janvier.

Consultez le calendrier d’activités du CRICIS à http://www.cricis.uqam.ca/calendrier/.

Vendredi 22 février 2019
9 h 30 à 12 h 30
Pavillon Judith-Jasmin, local J-2625
Événement Facebook

La discussion sera animée par Philippe-Antoine Lupien, doctorant en communication (UQAM).

Les conférences

Christophe Magis : Penser la théorie des industries culturelles comme approche critique en communication

La « Théorie des industries culturelles » (ThIC) est une tradition de recherche reconnue unanimement en France et au Québec comme approche critique en communication. Branche spécifique de l’approche dite « Économie politique de la communication », elle tend, en effet, dans le monde francophone, à y représenter celle-ci dans son ensemble – tout en souffrant d’un manque véritable de visibilité en-dehors. Pourtant, les rapports de cette tradition avec l’héritage des théories critiques (matérialisme marxien ou École de Francfort, par exemple) sont loin d’être évidents, tout comme ses liens avec d’autres pans de l’économie politique de la communication internationale. Il s’agira, pour cette présentation, d’examiner les spécificités de la tradition, ses contextes d’émergence et ses propositions méthodologiques afin de questionner la place de la ThIC au sein des approches critiques en communication – et au-delà, d’interroger ce qui fait la particularité d’une approche critique notamment dans le champ de la culture et de la communication.

Suggestions de lecture

George, É. (2014). La théorie des industries culturelles : un « milieu » d’élaboration de connaissances dynamique. Canadian Journal of Communication, 39, 1-17.

Magis, C. (2016). Économie politique de la communication et Théorie critique des médias. Épistémologie d’un héritage théorique critique. Réseaux, 34(199), 43-70.

Notice biographique

Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8, Christophe Magis est chercheur au Centre d’études sur les Médias, les Technologies et l’Internationalisation (Cemti). S’inscrivant dans une approche articulant économie politique de la communication et Théorie critique de l’École de Francfort, ses recherches portent sur les mutations des industries de la culture et de la communication ainsi que sur l’épistémologie des sciences sociales et de la critique – notamment à l’heure des « Humanités numériques ». Il est codirecteur, avec Fabien Granjon et Jacques Guyot, de l’ouvrage Matérialismes, culture et communication, tome 3 Économie politique de la culture, des médias et de la communication (à paraître aux Presses des Mines, 2019).

Caroline Caron : Explorer le potentiel du paradigme critique de la recherche qualitative : l’exemple des études sur le médiactivisme dans le Web social

Plutôt que de définir des critères normatifs qui devraient distinguer les recherches critiques des recherches acritiques, cette présentation s’interroge : que peut accomplir une posture de recherche critique, et comment le peut-elle? L’originalité de la présentation réside dans l’angle de traitement méthodologique à partir duquel ce questionnement sera examiné, plaçant ainsi au centre de la discussion une réflexion critique sur le « comment » de la production des savoirs et des ressorts idéologiques sous-jacents. Posant la prémisse que le paradigme critique de la recherche qualitative offre un terrain fertile à la rencontre des « approches critiques » et des « approches inductives » (Caron, 2017), la présentation illustrera le potentiel de ce positionnement paradigmatique pour générer des pistes d’investigation et des analyses, tant théoriques qu’empiriques, susceptibles de contribuer à l’avancement des connaissances. Le champ d’études centré sur le médiactivisme en ligne servira de point de référence pour illustrer le propos et pour insister sur la nécessité de surmonter l’antagonisme entre dystopie technophobe et euphorie technophile afin de mieux rendre compte des complexités sociologiques d’un phénomène dynamique et pluriel.

Suggestions de lecture

Caron, C. (2017). La recherche qualitative critique : la synergie des approches inductives et des approches critiques en recherche sociale. Approches inductives, 4(4), 49-78.

Cardon, D. et Granjon, F. (2013). Médiactivistes. Paris, France : Les Presses Science Po.

George, É. (2014). Quelles perspectives critiques pour aborder les TIC?. tic&société, 8(1-2).

Kuntz, A. M. (2016). Chapitre 1 : Introduction. Dans The responsible methodologist: Inquiry, truth-telling, social justice (p. 11-30). New York, NY: Routledge.

Notice biographique 

Caroline Caron est professeure agrégée au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais et membre régulière du CRICIS. Elle s’intéresse aux usages civiques des médias participatifs, aux rapports de genre dans les médias, ainsi qu’aux méthodes de recherche en sciences sociales. Ses recherches récentes portent sur l’activisme des adolescents canadiens sur la plate-forme YouTube et sur le cybersexisme. Ses articles ont paru, entre autres, dans les revues Communication, Lien Social et Politiques, Journal of Youth Studies et Convergence : The International Journal of Research Into New Technologies. Son ouvrage Vues, mais non entendues. Les adolescentes québécoises et l’hypersexualisation (PUL, 2014) s’est mérité le Prix du Canada 2016 en sciences sociales.

Événements