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État des lieux de la francophonie numérique 2018

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) publie son État des lieux de la francophonie numérique pour l’année 2018. Ce rapport, réalisé par l’Institut du droit de l’espace et des télécommunications et la Chaire UNESCO « Pratiques émergentes en technologies et communication pour le développement » de l’Université Bordeaux Montaigne, vise à dresser l’état de la situation en 2018 du numérique dans l’espace francophone en regroupant les plus récentes statistiques et les plus récents avis qualitatifs sur la question, tout en valorisant les bonnes pratiques.

Destiny Tchehouali, membre de la Chaire UNESCO et professeur substitut en communication internationale au Département de communication sociale et publique, signe une publication dans ce rapport. Il est l’auteur de la section « Contribuer à l’émergence d’une gouvernance de l’Internet qui favorise le développement et l’expression de la diversité culturelle et linguistique ».


Extrait de l’article de Destiny Tchehouali


En à peine deux décennies, l’Internet a connu une croissance fulgurante sous l’effet combiné de l’évolution constante de ses standards et politiques et du développement de ses applications, usages et services innovants. Désormais intégré à l’ensemble des aspects de nos vies et faisant irruption au cœur des activités, et même des objets du quotidien, l’Internet s’apparente aujourd’hui à un gigantesque « système nerveux numérique » décentralisé qui génère un volume exponentiel de données. Celles-ci sont acheminées grâce à des infrastructures et réseaux interconnectés vers les utilisateurs finaux, qui les consultent ou les consomment en se servant de divers équipements, terminaux et interfaces de plus en plus « intelligents » et mobiles. 

Avec la prolifération des plates-formes de diffusion et de distribution de contenus numériques, l’accès à une diversité de contenus culturels et linguistiques sur Internet n’a jamais été aussi banalisé. Pourtant cet accès reste fortement déterminé par des logiques algorithmiques de filtrage, de profilage de goûts, de hiérarchisation, de sélection et de recommandation culturelle, qui semblent prendre l’internaute en otage tout en lui faisant croire qu’il a plus de choix. En réalité, l’accès à une abondance de contenus en ligne ne garantit pas systématiquement que les utilisateurs ont accès à une diversité de contenus puisque des tendances récentes révèlent une concentration et une homogénéisation de l’offre culturelle accessible via les plates-formes numériques. À l’évidence, ces nouvelles dynamiques d’accès et de consommation culturelle en ligne soulèvent toute une série de défis nouveaux et complexes, interpellant aussi bien les modes de régulation et de réglementation des activités des plates-formes et des nouveaux médias en ligne que la gouvernance des communications en général et celle d’Internet en particulier.

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